Combien faut-il pour bien vivre à la retraite ?
Le point klé
Votre besoin se calcule à partir de vos propres dépenses futures et de votre pension de retraite estimée, et non d’une moyenne nationale.
La méthode Klemo tient en 4 étapes : dépenses, revenus, écart mensuel, capital cible.
Le temps est le meilleur allié : plus vous constituez ce capital tôt, plus l’effort mensuel nécessaire est faible.
C’est l’une des questions les plus posées sur l’épargne et sur les finances. Et elle n’a pas de réponse universelle. Bien vivre à la retraite, ça dépend de votre mode de vie, de votre statut professionnel et de vos revenus futurs. Ce qui est bien, c’est que tout ça se calcule. Découvrez notre méthode en 4 étapes, de l’estimation de vos dépenses futures au calcul de votre capital à constituer dès aujourd’hui !
Pourquoi il n’existe pas de montant unique pour bien vivre à la retraite ?
Posons les bases. La vraie question n’est pas “to be or not to be”, ce que Shakespeare se demandait vraiment, c’est combien il lui fallait, à lui, pour vivre confortablement pendant ses vieux jours. Et c’est probablement une question que vous vous posez également.
Deux personnes qui ont le même salaire peuvent avoir des besoins très différents à la retraite. Locataires ou propriétaires, vivant en ville ou à la campagne, en couple ou célibataire…
Vous comprendrez que ce qui convient à votre voisin ne le sera pas forcément pour vous. L’objectif n’est donc pas d’atteindre une somme moyenne, mais de pouvoir maintenir un revenu à la hauteur de votre niveau de vie actuel.
Les moyennes nationales restent un repère utile pour se situer. Selon la DREES (données 2024), la pension de retraite brute moyenne (tous régimes confondus) s’élève à environ 1 705 euros par mois pour les retraités résidant en France. Le niveau de vie médian des retraités, lui, avoisinait 2 030 euros par mois en 2022, soit un niveau proche de celui de l’ensemble de la population.
Prudence, si vous avez bien suivi, ces chiffres sont des montants bruts ou des médianes, ils ne représentent pas ce que vous percevrez réellement. De plus, une médiane masque d’énormes écarts individuels. Autrement dit, ces repères ne doivent jamais servir d’objectif : ils servent simplement à comprendre l’ordre de grandeur, pas à définir votre besoin.
| Bon à savoir |
| Pension brute et pension nette sont différentes ! Tout comme votre salaire, votre pension subit plusieurs prélèvements sociaux : la CSG (Contribution Sociale Généralisée), la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) et, selon vos revenus, la Casa (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie). Leurs taux dépendent de votre revenu fiscal de référence. Pour estimer votre budget, raisonnez toujours en net ! |
Alors, quand commencer à s’y mettre ? Nos propres données le confirment : parmi les utilisateurs ayant réalisé un bilan patrimonial sur l’application Klemo, le patrimoine net médian n’est que de l’ordre de 1 000 euros pour un âge médian de 36 ans et un revenu d’activité médian de 20 000 euros par an. Seuls 6,1 % de nos utilisateurs détiennent un Plan d’Epargne Retraite et 13,4 % une assurance vie.
Un niveau d’équipement qui confirme que la plupart des actifs abordent cette question bien plus tard qu’ils ne le devraient.
Etape 1 : estimer vos dépenses à la retraite
Tout part de vos dépenses futures. La méthode la plus fiable consiste à partir de votre budget actuel, puis à l’ajuster poste par poste. Oui, certaines charges disparaissent au moment de la retraite, mais certaines viennent s’ajouter aussi.
Généralement, ce sont les dépenses suivantes qui diminuent :
- le crédit immobilier, souvent soldé avant ou peu après le départ en retraite
- les frais professionnels : trajets domicile-travail, repas du midi, vêtements…
- les dépenses liées aux enfants, devenus autonomes (on espère pour vous)
- l’impôt sur le revenu, généralement plus faible lorsque les revenus baissent.
Mais, certaines dépenses risquent d’augmenter également :
- les frais de santé et de complémentaire, qui progressent avec l’âge
- les loisirs et les voyages, surtout durant les premières années de retraite, plus actives
- à un âge plus avancé, les dépenses liées à la dépendance ou à l’adaptation du logement
- l’aide apportée aux proches (enfants, petits-enfants, parents âgés, etc.)
Le lieu de vie pèse aussi lourd que le statut professionnel ! Un même niveau de vie coûte nettement moins cher en province ou en zone rurale qu’à Paris ou dans une grande métropole, logement et charges courantes en tête. C’est un critère à intégrer dans vos dépenses futures au même titre que le statut de propriétaire ou de locataire.
Sur ce sujet, on note que le taux de propriétaires progresse fortement avec l’âge chez les utilisateurs Klemo, de 8 % chez les moins de 25 ans à 42 % chez ceux qui approchent de la retraite. Un basculement qui explique à lui seul une bonne partie de la baisse de charges évoquée ci-dessus.
La règle des 70-80 % : un raccourci à manier avec prudence
On lit souvent qu’il faudrait viser 70 à 80 % de ses derniers revenus pour conserver son niveau de vie à la retraite. Ce raccourci s’appuie sur une réalité statistique : à carrière complète, un salarié du privé conserve en moyenne une part importante de son dernier salaire.
Mais cette règle ignore votre situation personnelle : un locataire en ville n’a pas le même besoin qu’un propriétaire sans crédit. Utilisez-la comme point de départ et non comme une conclusion. On personnalise, on a dit !
Etape 2 : estimer vos revenus de retraite
Vous connaissez votre besoin, reste à savoir maintenant combien vous toucherez. Votre pension se compose d’une retraite de base (au régime général pour les salariés) et d’une retraite complémentaire (l’Agirc-Arrco, le régime des salariés du privé géré paritairement par les employeurs et les syndicats).
La notion clé pour comparer pension de retraite et derniers revenus est le taux de remplacement.
Le taux de remplacement
C’est votre indicateur clé à connaître ! Il représente la part de votre dernier revenu d’activité que votre pension de retraite vient remplacer. Un taux de 70 %, par exemple, signifie qu’avec un dernier salaire net de 3 000 euros, vous percevrez environ 2 100 euros de pension nette. C’est précisément l’écart entre ces deux montants qu’il faudra combler par votre épargne.
Vos ordres de grandeur selon votre statut
Ce taux de remplacement varie fortement selon le statut professionnel, mais aussi selon une règle générale documentée par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Plus le salaire est élevé, plus le taux de remplacement est faible, car la retraite de base est plafonnée. Voici les taux de remplacement nets par statuts professionnels :
- Salarié non-cadre du privé : environ 70-75 %
- Cadre du privé : environ 50-55 %
- Fonctionnaire : environ 75 % du traitement indiciaire, mais hors primes
- Indépendant / Travailleur non salarié : environ 40-55 %
Sources : projections du COR (rapport 2025), ordres de grandeur pour une carrière complète, à affiner selon votre cas.
Ces écarts expliquent pourquoi l’effort d’épargne n’est pas le même pour tous. La chute de revenus est particulièrement marquée, du fait du plafonnement de la retraite de base et dont les régimes obligatoires versent des pensions plus modestes.
L’effet des trimestres manquants
Si vous n’avez pas validé tous vos trimestres (pour rappel, il en faut 172 pour les générations nées à partir de 1965), une décote s’applique et votre pension est réduite de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 25 %. Une carrière hachée peut donc faire chuter votre taux de remplacement bien en-dessous des moyennes.
Où obtenir une estimation officielle ?
Le moyen le plus fiable d’estimer vos droits est votre compte personnel sur info-retraite.fr, accessible via FranceConnect, le système d’identification unique qui permet de se connecter aux services publics en ligne avec un seul identifiant). Vous y trouverez votre relevé de carrière et des simulations de pension. C’est la donnée à confronter à votre besoin estimé à l’étape 1.
Etape 3 : calculer l’écart à combler chaque mois
C’est l’étape décisive. On y est presque. La formule : Besoin mensuel - revenus estimés = écart à financer. Vous allez simplement soustraire vos revenus estimés (de l’étape 2) de votre besoin mensuel (de l’étape 1).
Et voilà, vous avez l’écart à financer par votre épargne personnelle. C’est ce chiffre (qui reste une estimation !) qui va piloter votre stratégie d’épargne retraite.
Un cas concret : celui de Nicolas
Nicolas a 52 ans et vise un départ à la retraite à 64 ans. Après avoir passé en revue son budget, il estime son besoin à 2 800 euros nets par mois une fois à la retraite. Le crédit de sa résidence principale sera soldé, mais il veut voyager davantage et anticipe des frais de santé plus élevés.
Sur info-retraite.fr, sa pension estimée s’élève à 1 900 euros. L’écart à combler est donc de 900 euros par mois. C’est cette semaine qu’il faudra produire grâce à son épargne personnelle, une fois à la retraite. Le truc, c’est que, il le sait, l’argent ne tombe pas du ciel. Alors, comment faire ?
Etape 4 : du besoin mensuel au capital à constituer
Reste à transformer cet écart mensuel en un objectif de capital. Pas simple ? Mais si, lorsqu’on s’appuie sur un repère bien connu des épargnants : la règle des 4 %.
La règle des 4 % expliquée simplement
Formulée par le conseiller financier américain William Bengen, cette règle estime qu’on peut retirer chaque année environ 4 % d’un capital placé (vos investissements) sans l’épuiser pour vivre de vos rentes. Le reste de votre argent, lui, continue de fructifier grâce à vos placements.
Plus simplement, le capital nécessaire correspond à environ 25 fois le besoin annuel, soit 300 fois le besoin mensuel. C’est un repère anglo-saxon qu’on peut adapter à la fiscalité et aux rendements français, ce n’est pas une garantie. Son auteur évoque d’ailleurs aujourd’hui un taux de retrait plus élevé. Mais cela nous servira pour l’exemple.
Voici un exemple de besoins mensuels au capital cible lorsqu’on suit la règle des 4 % :
| Complément visé | Besoin annuel | Capital cible (règle des 4 %) |
| 1 000 € / mois | 12 000 € | ≈ 300 000 € |
| 1 500 €/mois | 18 000 € | ≈ 450 000 € |
| 2 000 €/mois | 24 000 € | ≈ 600 000 € |
Pour Nicolas et ses 900 euros par mois à combler, l’objectif se situe autour de 270 000 euros de capital. Récapitulons la méthode complète :
- Estimez vos dépenses mensuelles à la retraite
- Estimez vos revenus (pension de base + complémentaire)
- Calculez l’écart mensuel à combler
- Multipliez cet écart par 300 pour obtenir votre capital cible
Capital ou rente ? 2 façons de transformer votre cible
Cette somme que vous visez n’est pas une fin en soi, elle devra produire un revenu. Autrement, ce ne sont que des chiffres, il vous faut pouvoir en bénéficier. Pour ça, deux solutions s’offrent à vous : récupérer une somme d’un coup et organiser des retraits, ou bien la transformer en une rente viagère (un revenu versé à vie par l’assureur).
Le choix entre l’une et l’autre des solutions dépend de vos besoins de liquidité, de votre situation familiale et de vos objectifs de transmission.
N’oubliez pas l’inflation
On ne parle plus que d’elle ces derniers temps et à juste titre : l’inflation pèse aussi sur votre épargne. Un piège fréquent consiste à raisonner en euros d’aujourd’hui. Sauf que l’inflation érode votre pouvoir d’achat. Un besoin de 2 800 euros aujourd’hui correspondra à un montant nettement plus élevé dans 20 ou 30 ans. Il faut donc raisonner en euros constants et intégrer une marge de sécurité.
Cette vigilance est d’autant plus justifiée que les pensions de retraite ne suivent pas toujours le rythme des salaires. Le COR rappelle que les pensions sont indexées sur les prix, elles progressent donc moins vite que les revenus d’activité, ce qui fait mécaniquement baisser les taux de remplacement au fil des générations.
Le niveau de vie relatif des retraités, estimé à 97 % de celui de l’ensemble de la population en 2022, pourrait revenir autour de 87,5 % à l’horizon 2070 selon ses projections.
Anticiper, c’est aussi se prémunir contre ce genre de décrochage.
Où en sont les Français ? Quelques repères d’épargne par âge
Pour vous situer, sans en faire un objectif, il est utile de regarder l’épargne et le patrimoine des ménages. Deux précautions s’imposent : ne confondez pas l’épargne (ce que vous mettez de côté) et le patrimoine (ce que vous avez accumulé). Et, surtout, regardez la médiane plutôt que la moyenne.
La moyenne est tirée vers le haut par les patrimoines les plus élevés. La médiane, la valeur qui partage les ménages en deux moitiés, reflète bien mieux la situation typique.
Patrimoine et épargne aux âges clés
Selon l’Insee (Insee Focus n° 371, décembre 2025), le patrimoine net médian des ménages s’établit autour de 148 000 euros, et le patrimoine brut médian à environ 205 100 euros. Côté patrimoine financier, la médiane tourne autour de 15 800 euros avant 30 ans, puis progresse nettement avec l’âge à mesure que l’épargne s’accumule (vive les intérêts composés).
Nos données internes nous permettent d’aller encore plus loin, en suivant la progression réelle du patrimoine selon l’âge chez nos utilisateurs. Chez les moins de 25 ans, le patrimoine net médian est quasiment nul, il atteint environ 12 600 euros vers 34 ans, puis 22 000 euros autour de 46 ans.
Fait notable : même chez les utilisateurs les plus proches de la retraite, avec un âge médian de 60 ans, le patrimoine net médian ne dépasse pas 10 400 euros et seuls 4 % d’entre eux détiennent un plan d’épargne retraite, loin des capitaux cibles calculés plus haut dans cet article.
Ce n’est pas une fatalité, mais plutôt le signal que l’épargne retraite est un sujet qu’il faut prendre au sérieux, et ce le plus tôt possible, et pas dans les derniers virages.
Combien épargner dès maintenant ?
Une fois votre capital cible connu, il reste à le convertir en effort mensuel. Et c’est là que le temps joue un rôle déterminant. Plus vous commencez tôt, plus l’effort d’épargne est léger, grâce aux intérêts composés. La somme exacte à mettre de côté chaque mois dépend de votre horizon de placement et de leur rendement. C’est l’objet du calcul détaillé de cet article.
Quant au support, le montant compte autant que l’enveloppe choisie. Selon votre fiscalité et votre besoin de liquidité, l’arbitrage entre Plan Epargne Retraite ou assurance vie orientera votre stratégie.
En cas de doute sur votre situation précise, le chat IA de l’application Klemo peut vous aider à y voir clair selon votre tranche d’imposition et votre horizon. Pour simuler votre placement en PER ou en assurance vie, nos simulateurs sont à votre disposition !
Simulateur PER Klemo Retraite.
Simulateur Assurance Vie Klemo Vie.
Conclusion
Le calcul tient en 4 étapes, mais il ne se fait qu’une fois pour de bon. Dépenses, revenus, écart, capital. Ce qui change ensuite, c’est l’effort mensuel à fournir et il dépend presque entièrement du moment où vous commencez. Le bilan de Klemo fait ce calcul pour vous en quelques minutes, à partir de votre situation réelle plutôt que d’une moyenne nationale. Le tout en quelques minutes, depuis votre canapé.
Sources
DREES — Les retraités et les retraites (panorama, données 2024)
Conseil d'orientation des retraites (COR) — rapport annuel 2025
Insee — Le patrimoine des ménages (Insee Focus n° 371, décembre 2025)
service-public.gouv.fr — durée d'assurance, décote, âge légal
info-retraite.fr — estimation de vos droits et relevé de carrière
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et général. Elles ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, financier, juridique ou fiscal. Elles ne tiennent pas compte de la situation particulière, des objectifs ou des besoins spécifiques de chaque lecteur. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital. Pour un accompagnement personnalisé à votre situation, le bilan patrimonial et le chat IA de Klemo restent disponibles gratuitement depuis l'application.