Investissement Responsable : le guide de l’ISR, ESG et finance verte
Le point klé
L’investissement Socialement Responsable (ISR) repose sur une logique d’exclusion et d’engagement qui prend en compte des dimensions extra-financières (ESG) en évaluant leur impact sur les critères classiques de rendement et de risques.
Il existe plusieurs manières de réaliser un investissement responsable, selon le profil de chacun.
Comprendre l’investissement responsable et la finance verte
Avant d’investir de manière responsable, encore faut-il savoir de quoi on parle. ISR, ESG, labels, green bonds… le jargon de la finance verte a de quoi faire peur. Avant toute chose, attachons-nous à donner une définition claire de la finance verte et de l’investissement responsable. Knowledge is power.
Comment définit-on la finance verte ?
La finance verte, c’est le financement d’activités à impact environnemental positif. Pour opérer la transition écologique, il convient de mobiliser plusieurs types d’acteurs : les États, les banques et les grandes entreprises notamment.
Ce sont ces parties prenantes que cible en particulier l’investissement responsable. Pour faire évoluer ces acteurs, la finance verte définit des règles du jeu : la taxonomie européenne ou encore les obligations vertes (green bonds) qui permettent d’orienter les flux de financement et d’investissement vers les acteurs identifiés comme écologiquement performants (entreprises ou Etats).
Rien compris ? C’est normal, lisez la suite. L’investisseur, de son côté, choisit comment participer à cette finance verte.
Pour aller plus loin, certaines notions proches doivent être précisées pour ne pas être confondues :
Investissement responsable
Terme générique le plus englobant. Il comprend à la fois l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et l’investissement à impact (dont la finance verte).
Investissement Socialement Responsable
Émanation de l’investissement éthique. Stratégie d’investissement consistant à exclure des entreprises ou des secteurs considérés comme non alignés avec un ensemble de valeur et à promouvoir l’accroissement de la performance durable des entreprises investies par leur sélection sur la base de critères ESG et l’engagement actionnarial, visant ainsi à réduire les risques financiers liées aux enjeux de développement durable
Par exemple : investir dans une entreprise respectant les droits humains respecte des valeurs éthiques mais garantit également que l’entreprise est à l’abri de controverses et de procès dans ce domaine).
Investissement à impact
Stratégie d’investissement durable qui vise à accélérer la transformation de l’économie vers un modèle plus durable. La finance verte et la finance solidaire sont deux segments de l’investissement à impact.
Finance verte : part de l’investissement à impact centrée sur l’environnement (exemple : financement d’éoliennes)
Finance solidaire : financement de projets part de l’investissement à impact centrée sur la dimension sociale (exemple : financement d’une entreprise d’insertion)
Les origines et l’histoire de l’investissement responsable
L’histoire de la finance verte et de l’investissement responsable a connu bien des rebondissements. Si aujourd’hui le sujet fait partie intégrante des stratégies d’investissement des particuliers, quelle est l’origine de ce mouvement pour une économie plus verte et plus inclusive ? Un peu d’histoire.
Ses premières traces remontent aux années 1960, lorsque des communautés religieuses (quakers et méthodistes notamment) avaient du capital à placer, mais refusaient de le faire dans ces secteurs contraires à leurs valeurs : alcool, tabac, armement, etc.
La première forme concrète d’investissement durable fut donc un investissement éthique, reposant sur un principe d’exclusion plutôt que sur une volonté active de soutenir un quelconque secteur d’activité. Cette stratégie d’investissement éthique a donné lieu à une version élargie d’Investissement Socialement Responsable (ISR) comprenant, outre des exclusions, une sélection sur la base de critères ESG et un principe d’engagement actionnarial.
Dans les années 1990 à 2000, c’est l’essor des fonds ISR aux États-Unis et en Europe.
En 2015, la COP21 de Paris marque un tournant avec l’importance que prend la dimension climatique. Résultat, les green bonds (obligations vertes), les produits d’investissement et les indices boursiers centrés sur le climat se multiplient. L’agenda européen commence à structurer le marché pour apporter plus de transparence et lutter contre le greenwashing (écoblanchiment). Cette évolution s’incarne en 2019 dans le Green New Deal européen.
Dernière évolution en date : la décennie 2020 a vu l’investissement à impact prolonger cette évolution en passant d’une logique défensive (éviter les secteurs ou entreprises aux valeurs contraires aux nôtres, limiter les risques financiers liés à l’ESG) à une logique offensive (investir dans des entreprises ou secteurs qui ont un impact environnemental positif mesurable). Autrement dit, on cherche à vraiment faire une différence.
Quels sont les acteurs de l’investissement responsable ?
Vous l’aurez compris, on parle ici d’un écosystème très large et actif. Parmi les acteurs de la finance verte et de l’investissement responsable, on peut noter :
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les institutions publiques (États, UE, banques centrales) : définissent les politiques climatiques, établissent des normes et mettent en place des incitations financières
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les institutions financières (banques, sociétés de gestion, fonds d’investissement) : créent des produits d’investissement durable
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les organisations internationales (banque mondiale, FMI, ONU) : impulsent les grandes orientations et soutiennent la durabilité des économies en développement
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les entreprises : mettent en œuvre la transition écologique, prennent soin de leur capital humain, dialoguent avec leurs parties prenantes, émettent des obligations vertes
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les investisseurs institutionnels (fonds souverains, fonds de pension, compagnies d’assurance vie) : dominent les flux financiers, s’engagent dans l’investissement responsable
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les ONG (WWF, Greenpeace) : surveillent le greenwashing, incitent les entreprises
En France, on note aussi l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), Bpifrance, L’Institut de la Finance Durable ou encore certaines sociétés de gestion qui ont un rôle structurant. Pourquoi c’est important de comprendre qui fait quoi ? Pour plus facilement distinguer un véritable acteur de la transition énergétique d’un opportuniste du greenwashing. Eh oui, l’investissement durable vient aussi avec ses pièges. Mais nous y reviendrons.
Quels sont les outils et instruments de la finance verte ?
Comment cet écosystème peut-il appliquer ses règles et faire fonctionner le tout ? Avec des outils et des instruments bien à lui.
La finance verte a plusieurs objectifs (réduction des gaz à effet de serre, orientation de capitaux vers la transition écologique, protection des océans et de la biodiversité etc.) et ne va pas s’appuyer sur les mêmes instruments pour arriver à ses fins.
En premier lieu, les outils fiscaux, réglementaires et de financement, qui concernent les États et les grandes entreprises :
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obligations vertes
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marché carbone
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taxe carbone
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crédits biodiversité
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prêts environnementaux (travaux verts, efficacité énergétique, énergies renouvelables, réduction des polluants…)
Viennent ensuite les outils d’investissement qui sont, eux, accessibles aux particuliers pour investir durablement :
Des fonds ou ETF, classifiés article 8 selon la réglementation SFDR, et qui tiennent compte de certains critères de performance environnementale des activités des entreprises : climat, biodiversité, gestion de l’eau polluants essentiellement.
Des fonds ou ETF thématiques, classifiés article 9 selon la réglementation SFDR, et qui sont constitués à 90 % d’entreprises qui commercialisent des produits ou services dédiés à la transition écologique : énergies renouvelables, économie circulaire, filière hydrogène, véhicule et batterie électriques….
Ces fonds peuvent être constitués d’actions et/ou obligations cotées en bourse, ou non-côtés. Dans le second cas, les risques sont généralement considérés comme plus élevés et en conséquence, les rendements attendus aussi.
Enfin, des plateformes d’investissement (crowdinvesting) ou de prêt (crowdlending) en direct par les particuliers existent également et offrent des opportunités d’investissement vert.
Bon à savoir
Les obligations vertes (aussi appelées green bonds) sont les instruments les plus connus. Leur principe est simple : c’est une obligation dont les fonds servent à financer des projets environnementaux définis dans un programme spécifique connu et publié (énergies renouvelables, transports propres, bâtiments bas carbone). Des agences de notation produisent des analyses du niveau d’ambition et de la crédibilité de ces programmes d’investissement liés aux obligations vertes.
Qu’est-ce que la finance solidaire ?
La finance solidaire est une branche spécifique de la finance à impact. Là où l’investissement vert vise à soutenir la transition énergétique et le développement durable, la finance solidaire se veut responsable en orientant l’épargne des investisseurs vers des structures d’utilité sociale :
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associations
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coopératives
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entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS)
Sa priorité ? L’impact social : insertion professionnelle, logement social, accès à l’énergie, etc.
L’investissement responsable: comprendre, choisir, agir
Avant de se lancer dans une stratégie d’investissement responsable, il faut comprendre les différents produits et les différentes approches qui s’offrent à vous.
Qu’est-ce qu’un investissement durable et responsable ?
Nous avons déjà vu les spécificités de la finance verte mais vous reprendrez bien une petite définition.
L’Investissement Responsable recouvre l’ensemble des stratégies d’investissement qui prennent en compte à un stade ou à un autre des critères de durabilité (finance verte, de l’investissement ISR, ESG ou à impact).
De son côté, un investissement durable est un actif financier (une action ou une obligation d’une entreprise donnée ou d’un État) dont il est considéré qu’il contribue directement à un objectif de durabilité.
Ainsi, selon le règlement SFDR (UE 2019/2088), un investissement durable est un investissement réalisé dans une activité économique qui contribue positivement à un objectif environnemental ou social, sans causer de préjudice significatif à d’autres objectifs (principe DNSH), et dans une entreprise qui applique de bonnes pratiques de gouvernance. Cette définition est volontairement large et peut varier selon les sociétés de gestion.
La réglementation SFDR ajoute que pour être caractérisée d’investissement à impact (fonds article 9), un produit d’investissement doit comprendre au moins 90 % d’investissement durable.
Les 3 grandes stratégies d’investissement responsable : trouver la sienne
Il n’existe pas de stratégie d’investissement responsable ultime, ni de stratégie universelle. Alors comment investir de manière responsable en tant que particulier ? Comme pour tout investissement : en faisant un petit travail en amont.
Oui, tout dépend de ce que vous recherchez. En effet, on note trois logiques de placement correspondant aux trois courants de l’investissement responsable depuis les années 1960 (relisez la partie 1 si besoin, il y aura un quiz à la fin).
Stratégie 1 : l’exclusion.
Vous excluez de votre portefeuille les secteurs et/ou les entreprises contraires à vos convictions (alcool, armement, tabac, entreprises qui n’atteignent pas un minimum de performance environnementale ou sociale.). Le but : protéger vos valeurs.
Stratégie 2 : la surpondération ESG.
Vous conservez une exposition diversifiée à l’économie, mais vous mettez plus de poids dans les entreprises qui progressent vers plus de durabilité (les fonds correspondant aux critères de l’article 8 de la SFDR). Le but : accompagner la transition vers une économie décarbonée et inclusive.
Stratégie 3 : l’investissement à impact.
Vous ciblez directement des acteurs dont les produits et/ou services contribuent directement à un objectif environnemental ou social (cf. la définition d’investissement durable ci-dessus) majeurs de la transition dans les secteurs des énergies renouvelables, de la mobilité durable et de l’économie circulaire (les fonds qui correspondent aux critères de l’article 9 de la SFDR). Le but : financer directement les solutions.
C’est quoi un fonds ISR ? Et les labels qui caractérisent l’investissement responsable ?
On entre dans le vif du sujet.
Le label ISR, créé en 2016 par le ministère de l'Économie et des Finances, vise à donner visibilité aux fonds d’investissement socialement responsables et à encourager l’intégration des critères ESG dans la gestion des portefeuilles. Il s’applique aux fonds mobiliers (OPCVM, FCP, SICAV), aux fonds alternatifs (FIA) et depuis 2020 aux fonds immobiliers (SCPI, OPCI), ainsi qu’aux produits d’assurance-vie et d’épargne salariale. Les 6 piliers du label ISR sont :
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Intégration des critères ESG,
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Méthodologie et outils d’analyse,
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Politique d’engagement actionnarial,
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Transparence et communication,
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Exclusions sectorielles et éthiques,
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Contrôle et suivi.
L’objectif d’un fonds ISR, c’est d’améliorer sa performance durable à long terme. Ces fonds se tournent vers différentes méthodes pour sélectionner leurs titres :
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exclusion de certains secteurs (charbon, armes, tabac, etc.)
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best in class : sélectionner les entreprises les mieux notées ESG dans leur secteur
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best effort : privilégier les entreprises qui améliorent leurs pratiques
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engagement actionnarial : dialoguer avec les entreprises pour améliorer leurs pratiques
Pour ce faire, le fonds combine un objectif de performance financière et une prise en compte de ces fameux critères ESG. En France, le label ISR est délivré par des organismes accrédités sous la tutelle du ministère des Finances. Ce label ISR garantit le respect d’un cahier des charges bien précis et assure aux investisseurs qu’ils ne placent pas leur argent n’importe où.
Début 2025 en France, plus de 1200 fonds portaient ce label. C’est le plus répandu mais d’autres existent en parallèle :
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label Greenfin (critères environnementaux plus stricts)
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label Finansol (finance solidaire)
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label Towards Sustainability (référence européenne)
Les fonds ISR, ce sont plus de 2 500 milliards d’euros d’actifs ISR en Europe. En France, on compte plus de 1000 fonds labellisés ISR !
La saviez-vous ?
Depuis la loi Pacte, tout contrat d’assurance-vie doit proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, Greenfin ou Finansol. C’est le cas de Klemo Vie, l’assurance-vie de Klemo !
Quelle différence entre ESG, ISR et investissement éthique ?
Ce sont en réalité trois approches différentes, mais qui ne sont pas exclusives ! La différence entre ESG et ISR est simple.
L’ESG est un outil d’évaluation, une grille qui évalue les risques et les opportunités extra-financiers d’une entreprise sur les trois piliers Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. Ce n’est pas une stratégie d’investissement, c’est une mesure des pratiques des entreprises.
L’ISR, de son côté, est une stratégie d’investissement qui utilise notamment l’ESG comme critère de sélection de ses titres. L’application des critères ESG dans la gestion du portefeuille signifie une sélection des entreprises responsables et une exclusion de certaines activités (charbon, alcool, etc.)
On peut aller plus loin en mentionnant l’investissement éthique qui, lui, repose sur des convictions morales ou religieuses (exclusion du riba (intérêt) dans la finance islamique, exclusion de certaines biotechnologies dans l’investissement catholique, etc.).
Voilà, vous pourrez briller au prochain repas de famille.
Quels sont les trois piliers des critères ESG ?
On en parle depuis tout à l’heure. Les critères ESG sont notés par des agences spécialisées selon des méthodes propres à chacune, de quoi engendrer une divergence notable entre les différents scores d’ailleurs. Les trois critères ESG sont les suivants (avec exemple) :
Environnemental
Mesurer les émissions de gaz à effet de serre, la gestion de l’eau, la production de déchets, l’émission de polluants et l’exposition aux risques climatiques physiques.
Social
Évaluer les conditions de travail, la politique de diversité, les relations avec les fournisseurs et l’impact sur les communautés.
Gouvernance
Analyser l’indépendance du conseil d’administration, la politique de rémunération des dirigeants et la qualité du reporting.
C’est tout simplement un outil d’analyse pour vérifier que les fonds ou titres peuvent être considérés comme durables. Si ces critères ne sont pas respectés, bye bye les labels !
La réglementation européenne de l’investissement responsable
Rassurez-vous, on ne va pas vous noyer sous 36 textes de loi. Encore que…
Le cadre réglementaire
L’Union européenne a construit depuis 2018 un cadre réglementaire ambitieux pour orienter les capitaux vers des activités durables. Ce cadre repose sur trois piliers (non, pas les piliers ESG, mais c’est bien vous suivez) interconnectés :
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les entreprises (obligation de reporting de durabilité)
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les investisseurs (classification des fonds)
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les particuliers (intégration des préférences de durabilité dans le conseil financier)
Ces réglementations déterminent ce qu’est légalement un investissement durable et comment classer un fonds (article 6, 8 ou 9 du SFDR, la Sustainable Finance Disclosure Regulation). Elles sont importantes pour encadrer la mobilisation des marchés financiers privés pour participer aux besoins de financement colossaux de la transition écologique (estimés à 350 milliards d’euros par an pour la seule lutte contre le changement climatique !).
En 2018 naît le Plan d’action pour la finance durable qui deviendra la feuille de route de cette stratégie en créant un langage commun, en orientant les capitaux vers des activités vraiment durables, et en excluant les fonds qui pouvaient se prétendre verts sans aucun critère objectif.
Taxonomie , SFDR, CSRD et MiFID 2 : c’est grave, docteur ?
Voilà des termes bien barbares pour qui débute dans l’investissement responsable. En réalité, ils ne sont pas si complexes.
Taxonomie.
La taxonomie européenne est un référentiel légal qui définit quelles activités économiques peuvent être qualifiées de durables sur le plan environnemental. L’alignement des activités d’une entreprise avec la taxonomie européenne mesure la part de son chiffre d’affaires qui contribue à l’un des six objectifs suivants :
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atténuation du changement climatique,
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adaptation au changement climatique,
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utilisation durable et protection des ressources aquatiques et marines,
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transition vers une économie circulaire ,
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prévention et contrôle de la pollution,
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protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes.
La taxonomie fait l’objet de débats, notamment pour l’inclusion du gaz naturel et du nucléaire dans l’acte délégué de 2022, et sa couverture reste partielle (notamment sur les objectifs sociaux). Malgré ça, elle demeure l’outil de référence pour distinguer le vert du greenwashing.
Le saviez-vous ?
La Taxonomie européenne a inspiré plus d’une vingtaine de taxonomies similaires dans le monde, y compris en Chine.
SFDR
Le SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est un règlement en vigueur depuis 2021 qui classe les fonds en trois catégories :
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Article 6 : fonds sans objectif de durabilité explicite
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Article 8 : fonds promouvant des caractéristiques environnementales et/ou sociales (fonds ESG)
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Article 9 : fonds ayant un objectif d’investissement durable mesurable (fonds à impact).
Cette classification est devenue la boussole de l’investisseur responsable pour comparer les fonds et faire son choix.
CSDR
La CSDR (Corporate Sustainability Reporting Directive) est la directive européenne qui oblige les grandes entreprises à publier des informations standardisées sur leur performance de durabilité.
Elle impose la double matérialité : les entreprises doivent reporter à la fois sur les risques ESG qui les affectent (outside-in) et sur leur impact sur le monde (inside-out).
MiFID 2
De son côté, le MiFID 2 (Marchés d'Instruments Financiers 2) est une réglementation européenne qui impose une étape supplémentaire dans tout conseil financier : le conseiller doit obligatoirement recueillir les préférences de durabilité de son client avant toute recommandation. Trois dimensions permettent de caractériser ces préférences de durabilité :
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la part minimale d’investissements alignés sur la taxonomie
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la part d’investissements durables au sens du SFDR
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la prise en compte des Principal Adverse Impacts (indicateurs clés utilisés pour mesurer les impacts négatifs les plus significatifs des investissements ESG)
Autrement dit, n’importe quel conseiller financier doit obligatoirement prendre la température en termes de placements verts ou durables. Vous avez ainsi la possibilité d’opter pour des fonds durable dès le début de votre investissement, en choisissant la stratégie qui vous correspond le mieux !
Comment investir de manière responsable ?
Comprendre avant d’agir, voilà un adage que nous défendons chez Klemo ! Maintenant que finance verte et ISR n’ont plus de secrets pour vous, on peut se pencher sur comment investir de manière responsable via l’ISR ou des produits financiers durables.
L’investissement responsable consiste avant tout à choisir des produits financiers intégrant des critères ESG, à aligner ses placements avec ses valeurs environnementales et sociales et à rechercher un équilibre entre rendement financier et impact positif. Eh oui, on parle quand même d’argent et le rendement doit être considéré en lien avec les objectifs de durabilité.
Comment investir dans un fonds ISR ?
Définir sa stratégie
Oui, un particulier peut tout à fait investir dans un fonds ISR pour améliorer la durabilité de son patrimoine. Plusieurs moyens peuvent être mis en place pour ça :
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les unités de compte labellisées dans une assurance-vie
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le Plan Epargne en Actions
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le Plan Epargne Retraite
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un compte-titres
Dans un premier temps, il faudra établir votre profil investisseur : quelle est votre appétence au risque ? Quel est votre horizon de placement ? Quelles sont vos préférences en termes de durabilité ? Quels secteurs exclure ? Beaucoup de questions, on sait, mais elles doivent obligatoirement être posées pour définir la stratégie à adopter.
Ensuite, vous vous pencherez sur l’enveloppe fiscale qui vous correspond le mieux, c’est-à-dire quel produit d’investissement (PEA, PER, assurance-vie). Vous pourrez sélectionner les fonds désirés en fonction de leurs labels, classification et compositions d’actifs. Aujourd’hui, l’investissement responsable se décline dans plusieurs catégories d’actifs :
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les actions : entreprises engagées dans la transition écologique
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les obligations vertes ou durables
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l’immobilier durable : bâtiments basse consommation, fonds immobiliers verts
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les actifs non cotés : fonds d’infrastructure, capital-investissement dans la transition énergétique
Enfin, comme tout investissement, libre à vous de suivre et d’ajuster votre allocation dans le temps. Pensez long terme, comme d’habitude. Mais ça, vous le saviez déjà…
Investir de manière responsable en direct ou via des fonds
Si vous cherchez un placement financier responsable, plusieurs options s’offrent à vous pour investir.
D’un côté, les solutions qu’on pourrait qualifier de packagées, dans le sens où la souscription est simplifiée et qu’elles offrent bon nombre d’avantages. Ce sont les ETFs, des fonds indiciels cotés en Bourse.
Autrement dit, ce sont des paniers d’actions ou d’obligations qui répliquent un indice boursier sectoriel ou géographique. Il existe des ETFs CAC40, du secteur de l’IA, et même des ETFs ISR et à impact. Ce sont eux qui nous intéressent ici. Le point positif, c’est qu’ils offrent une diversification efficace, puisqu’ils sont composés de titres de diverses entreprises ou pays. De plus, les frais sont généralement contenus, ce qui ne plombe pas le rendement final (mais il faut toujours les prendre en compte !).
Même son de cloche du côté des fonds actifs ISR qui regroupent plusieurs titres sélectionnés pour leur performance ESG. Les fonds actifs ont des frais de gestion plus élevés que les ETFs pour rémunérer l’expertise de leur gérant, on attend dès lors qu’ils aient également une performance supérieure.
Ces deux types de solutions peuvent être investis via un Plan d’Epargne en Actions (PEA), un compte-titres ou encore une assurance-vie.
De l’autre côté, on a la méthode du choix individualisé. Dans ce cas, c’est l’investisseur final (vous) qui choisit une à une les actions ou obligations d’entreprises qui lui semble présenter le bon alignement avec sa stratégie d’investissement responsable et la bonne combinaison risque/rendement/durabilité.
Prudence, ici, c’est à vous de tenir compte de la diversification de vos actifs et du risque/rendement. Autrement dit, cette option tend à convenir davantage aux investisseurs avertis.
L’épargne écologique et responsable : les placements durables pour particuliers
Vous n’êtes pas obligés de passer directement par la Bourse pour investir durablement. L’épargne responsable est accessible aux particuliers via le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), un livret d’épargne réglementé accessible au capital garanti. Ici, ce n’est pas le rendement qui est au centre de l’action, mais vous pouvez parfaitement y placer votre épargne de précaution, par exemple.
Au-delà d’un livret durable, l’assurance-vie labellisée ISR ou à impact, de même que le PER durable, peuvent offrir un large choix de solutions. Ces deux enveloppes sont des couteaux suisses : vous pouvez jouer avec votre allocation pour qu’elle corresponde à votre profil et à vos attentes. Le bonus ? Une fiscalité avantageuse…
Pour trouver les meilleurs fonds ISR ou à impact à intégrer dans un PER ou une assurance-vie, le mieux reste de consulter un comparatif pour avoir un meilleur aperçu des risques, rendements et impacts de chaque enveloppe. Ayez une attention particulière pour les différents frais (gestion, entrée, sortie) qui peuvent rapidement plomber une performance.
On note également le financement participatif (crowdinvesting et crowdlending) dédié à la transition écologique (projets de parcs solaires, d’agriculture durable, etc.). C’est un outil qui peut être utile pour diversifier ses actifs, mais il est généralement déconseillé d’en faire son fer de lance patrimonial.
Voilà, vous pourrez trouver le meilleur placement responsable pour vous !
Enjeux, limites et controverses de l’investissement responsable
Investir dans le durable, c’est renoncer à la rentabilité. Nombreux sont les Français à penser cela. Pourtant, concilier durabilité et rentabilité est possible (si ce n’est courant) en finance verte. Penchons-nous sur l’efficacité réelle de l’investissement responsable, sur le greenwashing et sur les limites des labels.
L’investissement responsable est-il vraiment responsable ?
C’est la question à 1 million. Parlons peu, parlons bien : comment s’assurer que son investissement vert ou responsable n’entre pas en contradiction avec ses valeurs ou participe bel et bien à l’effort collectif écologique et solidaire ?
Ce qu’il faut retenir, c’est que les critères ESG et les labels type ISR ont été pensés comme une protection contre le greenwashing. Le greenwashing, en finance verte, est une pratique (malhonnête) consistant à se présenter comme durable sans pouvoir en apporter les preuves. C’est un risque réel et un élément marketing que certains n’hésitent pas à utiliser pour attirer le grand public.
Aussi, investir dans un fonds qui porte un label type ISR, Greenfin ou Finansol, c’est l’assurance de placer son argent dans quelque chose qui compte réellement, sans découvrir par la suite que vos économies aident à financer une quelconque société pétrolière.
On voit toutefois des progrès pour lutter contre ce greenwashing : la réglementation européenne se veut plus stricte, une obligation de transparence est apposée et l’AMF surveille tout ce beau monde. Depuis quelques années la classification des fonds article 8 et 9 est ainsi devenue plus crédible.
Pour conclure, si la tendance est aujourd’hui à l’investissement à impact, c’est justement que les investisseurs cherchent à participer plus activement à la transition énergétique en sélectionnant des acteurs qui peuvent justifier d’un véritable… impact.
Efficacité réelle des investissements ESG : mythe ou réalité ?
Depuis le temps que les critères ESG existent, il est normal que certains se soient penchés sur la question. Différentes études sur la performance des ESG donnent des résultats plutôt nuancés : Morningstar indiquait en 2023 que les fonds responsables ont surperformé les fonds traditionnels dans 58 % des cas sur dix ans.
De son côté, MSCI (2022) assurait que les entreprises qui avaient une bonne note ESG présentaient une volatilité réduite. Pourtant, Novethic relève que les fonds article 9 ont sous-performé en 2022, pénalisés par une surexposition aux valeurs de croissance dans un contexte de hausse des taux.
Qui croire ? Rien n’est noir ou blanc et il est évident que la divergence des scores ESG entre agences de notation pose question : paravent réputationnel ou levier de transformation réel ? Il faut prendre en compte la difficulté à mesurer concrètement l’impact environnemental.
Contrairement au rendement financier, ce dernier est difficile à quantifier avec les indicateurs utilisés (émissions de CO₂ évitées, intensité carbone des portefeuilles, etc.). Les cycles économiques, la taille des entreprises, les géographies et les horizons d’investissement impactent significativement les résultats de ce genre d'études.
Peut-on concilier rentabilité et responsabilité ?
Tout investissement est généralement motivé dans un premier temps par le couple rendement/risque. Le rendement, c’est ce qui vous assure de ne pas perdre d’argent. Viennent ensuite les critères extra-financiers, comme les critères ESG.
Cela ne signifie pas que rentabilité et responsabilité sont incompatibles, au contraire. L’indice MSCI World ESG Leaders, par exemple, affiche une performance cumulée proche de son indice parent sur une longue période. De plus, les entreprises bien notées sur la base des critères ESG présentent structurellement moins de risques réglementaires et réputationnels, ce qui réduit le risque baissier.
En revanche, l’exclusion de certains secteurs (fossiles, armement par exemple) peut peser sur la performance en période de crise géopolitique. Eh oui, la guerre, ça peut rapporter. De même, les fonds thématiques à impact ont tendance à être moins diversifiés et donc plus volatils selon les fluctuations des marchés de leur secteur.
D’une manière générale, les études ont démontré que l’investissement responsable se révèle plus performant dans des marchés baissiers (bear markets) et moins performant dans des marchés haussiers (bull markets).
Malgré tout, aujourd’hui, plus de 70 % des investisseurs européens déclarent vouloir intégrer des critères ESG dans leurs placements. L’investissement responsable est désormais l’un des segments les plus dynamiques de la gestion d’actifs. Et ça, ça veut bien dire que les investisseurs y trouvent leur compte.
Conclusion
L’investissement responsable n’est pas qu’une simple mode passagère, ni un produit financier parmi tant d’autres. C’est une façon de repenser le rôle de l’épargne dans l’économie. L’investissement responsable progresse vite : les labels se renforcent, les produits se multiplient. Il est important de se tenir à jour pour comprendre les changements et l’évolution réglementaire constante pour trouver une stratégie qui vous corresponde !
Sources
La finance verte — economie.gouv.fr
La finance verte ou finance durable : moteur de transformation économique et écologique — La Banque Postale
Qu’est-ce que L’ISR ? — Label ISR
Comprendre l'investissement socialement responsable (ISR) — Autorité des Marchés Financiers (AMF)
Label investissement socialement responsable (ISR) : comment ça marche ? — economie.gouv.fr