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Femmes et investissement : pourquoi la finance ne parle aux femmes

9 Wilhelm Bertieux

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Le point klé

L’industrie financière produit un langage et une expérience qui excluent. Ça joue sur la confiance, l’accès et la rétention. La sous-représentation des femmes dans le milieu influence les produits, le marketing, le conseil et donc l’accès.

Investir tu dois commencer, jeune padawan. Merci Yoda, mais s’il y a bien une chose que la finance adore faire, c’est parler comme si elle ne voulait pas être comprise. Pour devenir un maître Jedi de ses finances, il faut entrer dans une industrie conçue par et pour un profil dominant. Pour les hommes, donc.

Qui décide ? Les chiffres de la représentation 

Le plafond de verre : boards vs exécutif

Pour commencer, tout n’est pas si noir : des progrès existent ! Les femmes représentent 18 % des postes C-suite dans les services financiers au niveau global (Deloitte). Malgré tout, la progression reste lente et une lenteur persiste, notamment sur les rôles exécutifs. Les décisions structurantes restent majoritairement prises dans un entre-soi qui exclut.  

MSCI a mené une étude en 2024 pour suivre les rôles clés (CEO/CFO/présidence) dans le milieu et a affiché des signaux de stagnation, voire de recul selon les régions. Dans l’investissement, la sous-représentation reste forte. Dans les banques de l’Union Européenne, 27,5 % des postes non exécutifs (administrateurs) sont occupés par des femmes. Un chiffre qui tombe à 18,08 % pour les vrais postes de pilotage opérationnels.  

En soi, la diversité progresse là où l’enjeu est réputationnel (ou de gouvernance), mais moins là où se prennent les décisions business quotidiennes.  

Asset management : le noyau dur reste très masculin  

Et là ça dégringole. L’industrie de la gestion d’actifs est décrite comme très en retard par le Financial Times qui rapporte environ 12,5 % de femmes parmi les portfolio managers au niveau mondial. 

De son côté, Morningstar observe des évolutions de composition des équipes. La gestion d’actifs est souvent team-based : la visibilité des femmes en tant que leaders est plus rare. Même quand les équipes se féminisent, la signature, la visibilité et la propriété de la performance restent plus masculines. Ce qui impacte naturellement la confiance et la légitimité

Dimension économique : quand la diversité est liée à la performance et la gouvernance

L’Autorité Bancaire Européenne mentionne une possible corrélation positive entre équilibre de genre et ROE (Return on Equity) dans un rapport centré sur la diversité. C’est évidemment un document à manier avec prudence, puisque corrélation ≠ causalité

Ce qu’on peut en retenir, c’est que la diversité dans le milieu de la finance n’est pas un simple sujet RH : elle peut être un indicateur de meilleure gouvernance et de meilleure prise de décision (gestion du risque, qualité du débat, etc.). 

Oui, l’industrie est intimidante. Si seulement on avait des interfaces et des contenus qui rendaient la décision accessible et qui nous remettaient, nous, au centre de tout. Si seulement la finance était accessible à tous... 

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Les biais qui freinent l’investissement côté clients 

Le biais de perception et de confiance : le mur d’entrée 

Comme vu précédemment, le biais de confiance est un frein majeur pour les femmes, d’après certaines études. Même lorsque la performance des placements est équivalente, la confiance accordée et les montants alloués peuvent diverger par un biais de perception. Pour preuve, l’AMF parle d’écarts de perception “facile”, “rentable” et “confiance” sur certaines actions. 

De son côté, le conseil et la communication financière utilisent souvent des codes, du jargon et une posture d’expert qui excluent plus qu’ils n’aident véritablement. Pour briller à la machine à café, il y a peut-être du monde, mais pour l’entraide... Lorsqu'on ne partage pas cette communication financière, on peut développer rapidement un sentiment d’illégitimité. Ce sujet a déjà été traité dans ce dossier, alors avançons. 

Le biais du conseil : recommandations différentes selon le genre 

Selon leur genre, même à profil comparable, hommes et femmes ne reçoivent pas les mêmes recommandations et conseils d’investissement. Oui, oui.

C’est le Centre for Economic and Policy Research qui l’affirme en 2023 dans son étude “Gender Differences in Financial Advice” :

  • Les recommandations faites aux femmes ont plus de masse sur des catégories de risque plus faibles, même en contrôlant les préférences de risque.
  • Les conseillers recommandent davantage des fonds “maison” (équilibrés) aux femmes qu’aux hommes.
  • À catégorie de risque donnée, les femmes se voient plus souvent proposer des fonds avec des frais plus élevés.

Autrement dit, l’industrie cadre les femmes dans un profil prudent et peut aller jusqu’à les orienter vers des solutions plus coûteuses et prêtes à l’emploi.

Monné, Rutterford et Sotiropoulos enfoncent le clou en 2023 en partageant une étude sur le conseil financier et l’interaction de genre. Ils y explorent l’idée que la relation client-conseiller peut activer des comportements stéréotypés. Même quand l’offre est neutre, l’interaction sociale peut produire des choix genrés.

Le biais social : la finance comme langue étrangère

L’Homme est un animal social, et on ne va pas contredire Aristote. Comme nous l’avons déjà vu, le World Economic Forum et ses études appuient sur le fait que la finance officie comme barrière culturelle et linguistique avec ses codes, ses traditions, ses jargons et surtout sa domination symbolique. Si tu ne comprends pas, c’est toi le problème, pas vrai ? 

La véritable question, c’est est-ce que c’est trop complexe ou juste mal expliqué ? Si vous ne pouvez pas résumer une idée en deux phrases, vous ne signez pas, vous subissez. Knowledge is power. Et Klemo vous donne ce knowledge. 

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Les biais côté carrière : moins de femmes dans les métiers d’investissement ?

Pipeline : le tuyau percé

La parité en finance d’entreprise n’implique pas nécessairement la parité dans l’investissement. Le CTA Institute insiste d’ailleurs sur la difficulté d’attirer des femmes dans l’investissement, pointant du doigt le rôle des leaders pour changer cette culture d’entreprise qui reste encore très “club select”. Leur diagnostic ? Une sous-représentation de la gent féminine à chaque étape : éducation, recrutement, promotions, rémunération, etc.).  

Pour pallier ça, il recommande certaines pratiques RH, une culture d’entreprise revue et différentes notions de sponsorship. Force est de constater que l’investissement cumule des barrières : cooptation, horaires, normes de leadership, réseaux et autres évaluations subjectives sont autant de normes qui peuvent en refroidir plus d’un(e). 

Dans le secteur bancaire européen, bien que la représentation féminine soit en hausse sur les boards, les déséquilibres persistent, comme indiqué précédemment : 27,75 % des postes d’administrateurs non exécutifs sont occupés par des femmes (EBA, 2023). 

La pipeline est percée : moins de femmes dans certains rôles décisionnaires (front office, gestion, CIO) couplé à une culture basée sur la compétition = moins de visibilité et de confiance

Rémunération et reconnaissance : même performance, trajectoires différentes

Le Financial Times a proposé une étude très édifiante récemment. Basée sur des données américaines de mutual funds, elle indique qu’à performance comparable, des écarts entre hommes et femmes attirent l’attention :

  • Les managers de portfolio femmes gagnent environ 25 % de moins que les hommes blancs.
  • Les femmes connaissent un turnover et un risque d’éviction plus élevés que leurs homonymes masculins.

Même dans un univers basé sur la méritocratie et la performance à l’extrême, les biais d’organisation restent visibles.

 

Effet rôles modèles et reproduction des élites 

On avait tous et toutes nos idoles étant enfant. Joueur ou joueuse de basket, chanteur ou chanteuse ou même scientifiques pour les plus nerd d’entre nous, nous avons grandi et évolué avec des rôles modèles.

Quand les femmes sont rares dans les postes “star”, ça réduit logiquement :

  • La capacité des jeunes femmes à se projeter.
  • La tolérance à l’erreur (je représente mon genre !)
  • La présence de sponsors internes.

Devenir une icône de la finance, peut-être que ça ne vous a jamais traversé l’esprit, mais si, quelque part dans le monde, un(e) enfant voyait votre portrait dans le Times et se disait “Mince, quelle classe, je veux être comme lui/elle”, ça serait quand même très classe.

Dimension sociologique : le temps disponible et la double journée

Selon l’Insee, les femmes accomplissent les deux tiers des tâches domestiques au sein d’un foyer (eh oui, sortir les poubelles c’est bien messieurs, mais ça ne suffit pas).

Cela pèse évidemment sur les carrières des femmes : les horaires, la mobilité et le networking s’en trouvent pénalisés, ce qui conduit inévitablement vers un manque de représentation.

Mais cela pèse également sur le temps mental : comment s’approprier correctement l’investissement lorsqu’on cherche à placer son argent quand on a déjà en tête deux listes de courses, les horaires exacts du foot de Mattéo et la planification complète du mois prochain ?

À ce stade, ce n’est même pas que la finance ne parle pas aux femmes, c’est que les femmes n’ont même plus la bande passante pour écouter ce qu’elle a à leur dire.

Qui décide dans le foyer ?

Nous l’avions longuement passé en revue dans notre guide sur l’argent et le couple. Les décisions financières au sein d’un foyer ont bien souvent un équilibre précaire. Entre histoire, traditions, je m’en foutisme et autres désintérêts, la gestion financière d’un couple hétérosexuel est généralement tenue par l’homme. Ce qui entraîne bon nombre de complications :

  • La femme a-t-elle son mot à dire ?
  • Comment prendre des décisions financières importantes à deux ?
  • Jusqu’où peut-on avoir confiance en son partenaire pour gérer son argent ?
  • Que se passe-t-il en cas de séparation ?

Etc. Etc. Ce qu’il faut retenir, c’est que la finance n’est pas une simple compétence, c’est aussi (et surtout) un pouvoir dans le couple. Celui qui décide, celui qui apprend, celui qui signe les contrats d’assurance vie, c’est celui qui a le pouvoir et qui domine. Certains couples parviennent à fonctionner comme ça. Pour d’autres, une forme de dépendance financière se crée, toxique à long terme.

Pour celles et ceux que le monde de la finance cherche à exclure implicitement ou explicitement, vous recherchez sûrement un outil centré sur l’utilisateur, un produit qui traduit et démocratise la finance pour vous rendre le pouvoir, à vous. Klemo est là pour casser les codes.

 

Conclusion

Changer la finance, c’est mission impossible. Alors on improvise, on s’adapte et on surmonte. On ne peut pas se permettre d’attendre que l’industrie change subitement pour enfin agir : on peut se donner les bons outils maintenant pour réduire les frictions. Mais pour ça, il vous faut un plan. Nous vous le fournissons dans notre prochain article. Votre mission, si vous l’acceptez, c’est de le suivre.

 Wilhelm Bertieux

Wilhelm Bertieux

Rédacteur plurimédia passionné par la finance, je mets les mots au service de vos euros. Mon credo ? Vulgariser sans jamais ennuyer, pour rendre les finances personnelles accessibles à tous — même à ceux qui pensaient détester ça. Parce que bien ...

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