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Femmes et investissement : pourquoi l’écart se creuse ?

12 Wilhelm Bertieux

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Le point klé

L’inégalité patrimoniale se fabrique souvent sans bruit : 1 % par-ci, 2 ans d’interruption par-là et surtout 10 années d’argent qui n’investit pas. C’est une succession de petits écarts qui s’additionnent... puis se multiplient.

Alexandre et Marie ont tous les deux 24 ans. Ils sont tous les deux diplômés d’un master en économie internationale. Ils partagent tous les deux la même envie de bien faire. Pourtant, ils démarrent leur vie active avec un écart de salaire, une trajectoire professionnelle moins linéaire et un rapport différent à la finance.

Flashback : l’autonomie financière des femmes est récente (et ça pèse encore)

1965 : un tournant très proche

Une date à marquer d’une pierre blanche. Jusqu’en 1965, une femme mariée ne pouvait pas ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari en France. Oui, la loi du 13 juillet 1965 apporta la réforme des régimes matrimoniaux et la fin de l’incapacité juridique partielle des femmes mariées.

Avant cette date, les concernées devaient effectivement obtenir une autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire, mais aussi pour exercer une activité professionnelle. Sinon, c’était un mot dans le carnet !

L’implication est évidente : le rapport à l’argent des femmes n’était pas autonome. Si on ajoute à ça :

  • Le droit de vote des femmes depuis 1944.
  • Les filières financières et économiques massivement masculines jusqu’aux années 1970-80.
  • On ne décide pas.
  • On ne possède pas.
  • On ne gère pas.

On comprend aisément que l’accès tardif à la décision publique équivaut à un accès tardif aux décisions économiques collectives. Aussi, l’investissement s’est construit culturellement comme un univers masculin.

Vous me direz peut-être : c’était à l’époque, les temps ont changé ! Oui, enfin, ce n’était pas le Moyen Âge non plus, c’était il y a 60 ans. Nos grands-mères ont vécu dans ce système. Si l’autonomie financière est récente, la transmission culturelle l’est aussi. C’est une question de droit, d’habitude et de socialisation. Or, quand pendant plusieurs générations :

On transmet obligatoirement moins de capital financier et moins de capital de confiance.

Héritage culturel : l’argent comme zone d’expertise

Vous l’aurez compris, les tabous ne disparaissent pas en une génération. L’investissement reste encore trop souvent perçu comme technique et risqué. Les normes et la socialisation financière (confiance, légitimité et prise de décision) se transmettent de génération en génération, encore aujourd’hui.

Pour preuve, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) observe des écarts de confiance et de perception sur l’investissement, notamment en actions.

Les conséquences aujourd’hui :

  • Une délégation plus fréquente.
  • Un report à plus tard.
  • L’attente sans fin du bon moment.

D’un point de vue sociologique, Pierre Bourdieu parle de capital économique, mais aussi de capital culturel. On hérite autant d’actifs que d’un rapport à l’argent. Or, ce rapport a longtemps été genré, et continue de l’être malgré quelques améliorations.

 

3 phrases qu’on entend et qui coûtent cher :

 

  • Je m’y mettrai quand j’aurai plus de moyens.

  • Je préfère ne pas y toucher, j’ai peur de faire une bêtise.

  • Mon partenaire gère mieux.

 

On ne rattrape pas 100 ans de tabous avec une injonction “il faut investir”. Il faut des outils qui simplifient, expliquent et donnent un cadre. Mieux vaut expliquer qu’imposer, vous serez d’accord.

 

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Point de départ différent : revenus et trajectoires professionnelles

L’écart de revenu : le socle de l’écart patrimonial

Dès le début de la vie active, l’écart entre hommes et femmes se creuse. Comme nous l’avions détaillé dans notre guide “Argent et Couple” (téléchargez-le ici), le revenu salarial moyen des femmes dans le privé est 22,2 % plus bas que celui des hommes. À temps de travail identique, 14,2 %. Avec un volume annuel de travail inférieur de 9,3 % (Source : Insee).

Moins de revenus, moins de capacité d’investissement. Moins de capacité d’investissement, moins de patrimoine. Moins de patrimoine... moins de patrimoine. Vous avez compris l’idée. L’écart patrimonial commence ici, même à effort égal, l’écart persiste.

Sauf qu’un écart de 22 % sur 30 ans de carrière ne crée pas un écart de 22 % de patrimoine. Non, il crée un écart multiplié par :

  • L'effet composé,
  • La régularité
  • L'accès au crédit
  • La capacité d’investissement

Le temps partiel et les carrières non linéaires

L’écart ne vient pas uniquement du salaire horaire. Les femmes sont aussi plus sujettes au temps partiel, aux interruptions et aux périodes hors emploi. L’Insee indique que le volume annuel de travail est plus faible chez les femmes.

Une partie de l’écart est donc mécanique, mais l’impact patrimonial est le même : moins de capacité d’épargne et moins de régularité.

Les conséquences concrètes s’étalent tout au long d’une vie :

  • Salaire moindre
  • Moins d’épargne
  • Moins de cotisations retraite
  • Moins de capacité d’endettement
  • Moins d’effet de levier de l’immobilier
  • Moins d’intérêts composés d’actifs financiers.

 

La “pénalité enfants”

Ne vous méprenez pas. On n’a pas dit que les enfants étaient une pénalité dans la vie. Pour votre sommeil, très certainement, mais là on parle de finances et d’investissement.

Une étude “Investir au féminin” nous livre des chiffres qui parlent d’eux-mêmes sur l’écart de salaire à temps de travail égal :

  • 6,1 % sans enfant
  • 29,5 % avec 3 enfants ou plus
  • Il y a plus de femmes qui occupent un poste à 80 % que d’hommes.
  • La volonté ou le besoin d’être femme au foyer.
  • La gestion des enfants...

Cette “pénalité enfants” amplifie l’écart au moment où les décisions financières deviennent les plus structurantes (logement, investissement long terme, transmission, etc.). Car c’est précisément au moment où on achète un logement, où on investit à long terme et où on commence doucement à se pencher sur sa retraite que l’écart peut s’amplifier.

L’écart salarial explose donc avec le nombre d’enfants. Ce n’est pas seulement un sujet d’équité, c’est un sujet d’architecture patrimoniale.

Ce qui explique la différence de volume annuel de travail entre hommes et femmes ? On retrouve parmi les raisons les plus citées :

  • Il y a plus de femmes qui occupent un poste à 80 % que d’hommes.
  • La volonté ou le besoin d’être femme au foyer.
  • La gestion des enfants...

L’accès au crédit

Qu’on soit bien clair : la loi interdit les discriminations en matière d’accès au crédit. Mais business is business. On peut aisément comprendre que les organismes prêteurs soient plus frileux à l’idée de s’engager avec quelqu’un qui a une capacité d’emprunt moindre et un taux d’endettement limite, qu’il soit homme ou femme.

De ce fait, le niveau de revenus plus bas pour les femmes en moyenne impacte directement leurs chances d’obtenir un crédit immobilier, puisque leur capacité d’emprunt est moindre que celle des hommes. De fil en aiguille, c’est l’accès à l’investissement locatif qui s’en trouve limité.

Quand la marge de manœuvre est plus faible, la stratégie compte davantage. Si la capacité d’investissement est limitée, on a besoin d’une stratégie optimisée plutôt que de faire au feeling. Ça tombe bien, c’est ce qu’on fait.

 

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Le vrai piège : l’écart d’investissement

Détention de produits d’investissement : une différence structurelle

Les femmes sont moins nombreuses à détenir des produits d’investissement considérés comme risqués ou non garantis. Quelques chiffres du baromètre de l’AMF :

Produits d’investissement détenus au sein du foyer :

  • Femmes : 22 %
  • Hommes : 36 %

Actions cotées :

  • Femmes : 12,8 %
  • Hommes : 21,1 %

ETFs :

  • Femmes : 4,3 %
  • Hommes : 8,1 %

Crypto :

  • Femmes : 5,7 %
  • Hommes : 11,6 %

Ici, ce n’est pas une question d’argent, mais de confiance et de perception de difficulté. Toujours d’après l’AMF, 15 % des femmes déclarent avoir confiance dans les actions contre 27 % chez les hommes. Dans les actions rentables ces dernières années ? 38 % pour les femmes et 56 % pour les hommes.

La baisse de représentation des femmes parmi les investisseurs “actifs” montre un décrochage relatif récent : de 30 % en 2022 à 25 % en 2024. Cependant, ce n’est pas parce qu'elles sortent de la population d’investisseurs actifs, mais plutôt parce que plus d’hommes y entrent.

Le résultat est limpide : les femmes détiennent moins de produits d’investissement “marchés” (actions, ETFs ou crypto), donc moins d’exposition à la croissance long terme. Ne pas détenir d’actifs de marché, c’est ne pas participer à la croissance économique, à l’innovation et à la création de valeur à long terme.

Le sujet est la lisibilité, l’accès et la confiance.

Confiance et perception : moteur ou frein ?

Comme on l’a vu, les hommes ont tendance à avoir plus confiance dans les placements en actions que les femmes. Un écart qui peut s’expliquer notamment par la perception de complexité, la peur de perdre ou encore la crainte de ne pas comprendre.

La finance, de son côté, repose sur l’anticipation, la compréhension et l’acceptation de la volatilité. Si cette dernière est perçue comme un danger plutôt que comme un mécanisme normal, on reste en dehors du système.

Ce n’est pas un manque d’intérêt, c’est souvent un manque de temps, la peur de perdre et la peur de ne pas comprendre.

Si le frein n°1 est le manque de confiance, alors un parcours guidé, pédagogique et personnalisé change la donne. On vous explique tout, sans jargon.

La théorie du pot de yahourt

Imaginez : vous êtes mariée, avec deux enfants adorables. Votre mari gère le crédit immobilier, le crédit auto et l’investissement du foyer, et c’est tant mieux. Vous avez horreur de ces choses-là. De votre côté, vous assurez le quotidien de votre famille : faire les courses, payer la cantine, acheter de nouveaux vêtements aux enfants (c’est fou ce qu’ils grandissent vite).

Et là, c’est le drame. Un divorce. Vous n’avez ni épargne personnelle, ni placements et une plus-value ridicule de la vente du logement. Vous vous retrouvez avec l’ancienne promesse de s’aimer jusqu’à la fin... et un pot de yahourt.

C’est une métaphore bien sûr : très souvent, les femmes qui vivent en couple finissent fragilisées financièrement après une séparation. La cause : une répartition implicite des dépenses qui ne joue pas en leur faveur. Le résultat : elles investissent dans ce qui se consomme et non dans ce qui reste.

Acheter des pots de yahourt, c’est important (les produits laitiers sont vos amis pour la vie, n’oubliez pas), mais ils ne doivent pas écraser l’investissement et l’épargne.

L’effet boule de neige : quand l’écart se multiplie avec le temps

Le coup de l’inaction : le temps est le multiplicateur principal

La peur de perdre peut empêcher de construire. Sauf que l’argent qui dort tranquillement sous le matelas n’est pas éternel. Pas de moyen de compenser l’inflation subie, pas de valorisation dans le temps. Et si l’envie ou le besoin d’épargner se fait sentir par la suite, il faudra un effort plus conséquent pour rattraper le temps perdu.

Vous l’avez compris, l’inaction est déjà une stratégie en tant que telle : elle fait perdre du pouvoir d’achat et ne permet pas à votre argent de se développer.

Vous doutez encore, on le sent. Prenons un exemple.

Marie met de côté 150 € chaque mois pendant 20 ans, en cachant ses billets discrètement sous son matelas. Au bout de 20 ans, elle se retrouve avec plus de maturité, de belles rides du lion mais surtout un pactole de 36 000 €. C’est honnête.

Maintenant, imaginons que Marie mette de côté 150 € chaque mois sur un support financier qui lui offre 4 % de rendement moyen par an. Au bout de 20 ans, elle a la même maturité, les mêmes rides mais une épargne de 54 426 €.

Evidemment, ce n’est qu’un exemple qui ne tient pas compte des frais, des fluctuations du marché ou de la fiscalité. Mais ça donne une idée.

La formule à retenir est la suivante :

Capital final ≈ Versements réguliers × temps × rendement.

Tout ça, c’est l’effet boule de neige de l’investissement. Le facteur le plus puissant est le temps. Alors, si les femmes n’osent pas se lancer par peur de perdre, c’est déjà ce qu’elles font : perdre du temps, et donc de l’argent.

Retraite : l’inégalité visible en fin de parcours

Si les inégalités commencent dès le début de la vie active, leurs conséquences tissent leur toile jusqu’à vos vieux jours. Les chiffres de l’OCDE indiquent une pension moyenne pour les femmes environ 23 % inférieure à celle des hommes. C’est mécanique, puisque les femmes ont un revenu plus faible en moyenne.

En revanche, il y a un point sur lequel les filles d’Eve surpassent les fils d’Adam sur ce sujet : elles ont une espérance de vie supérieure après être sorties du marché du travail : 22,8 ans contre 18,6 ans.

Bonne nouvelle ! Oui, sur le papier. En réalité, c’est surtout 4,1 années supplémentaires à financer... avec moins de ressources. Vous voyez le problème. Pour financer plus d’années, l’investissement n’est plus un bonus, c’est un levier structurel.

Conclusion

Le sujet n’est pas de prendre plus de risques, c’est de prendre les bons risques, au bon horizon. Mesdames, vous avez plus que jamais besoin d’une stratégie long terme. L’application Klemo vous propose un bilan rapide, des recommandations personnalisées et des scénarios comparés. De quoi avoir un meilleur aperçu de votre champ d’action. Pour la suite, c’est vous qui voyez.

 Wilhelm Bertieux

Wilhelm Bertieux

Rédacteur plurimédia passionné par la finance, je mets les mots au service de vos euros. Mon credo ? Vulgariser sans jamais ennuyer, pour rendre les finances personnelles accessibles à tous — même à ceux qui pensaient détester ça. Parce que bien ...

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