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Femmes et investissement : non les femmes ne détestent pas le risque

12 Wilhelm Bertieux

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L’idée que les femmes sont plus averses au risque est l’un des clichés les plus persistants en finance. Les femmes prennent moins de risques spéculatifs et tradent moins. Elles cherchent à comprendre avant tout et peuvent obtenir des performances supérieures sur le long terme.

Ne pas traverser au feu rouge, c’est prudent. Ne pas jouer avec un couteau, c’est prudent. Ne pas lire de la romantasy un peu corsée dans le métro, c’est prudent. Mais pour l’argent, les femmes prennent-elles réellement moins de risques ? Détruisons les clichés. 

Le mythe : les femmes sont trop prudentes pour investir

La perception en frein principal 

On l’a vu précédemment, le problème n’est pas l’aversion au risque, mais plutôt la perception de complexité et de légitimité. Oui, la finance, ça fait peur, pour les femmes comme pour les hommes.

Le baromètre de l’AMF l’indique clairement : 19 % des femmes affirment que les placements en actions sont faciles, contre 33 % des hommes.

De son côté, le World Economic Forum indique que 80 % des femmes se sentent plus à l’aise avec la gestion financière quotidienne et seules 23 % se sentent à l’aise pour piloter l’investissement long terme.

Autrement dit, les femmes gèrent très bien le court terme et le consommable rapide (factures, organisation), mais se sentent moins légitimes sur l’investissement et l’assurance. Véritable affinité ou cadre social ? On vous laisse débattre.

Ce qui est certain, c’est que la complexité perçue crée inévitablement de l’évitement. Si je ne comprends pas à 100 %, je ne fais pas. Simple. Basique.

Pourtant, en matière de littératie financière, l’écart n’est pas si béant : 35 % des hommes se révèlent financièrement littérés contre 30 % des femmes. Un écart modeste mais malheureusement constant dans la plupart des pays. L’OCDE ajoute que les femmes obtiennent des scores légèrement inférieurs en connaissances techniques, mais qu’elles montrent des comportements financiers plus prudents et disciplinés.

Ce qui signifie :

  • Non, les femmes ne détestent pas l’argent
  • Non, elles ne fuient pas la gestion
  • Elles gèrent efficacement le court terme

Sur le long terme, l’investissement leur semble plus technique, plus opaque et de ce fait intimidant. C’est un problème de cadrage et pas de courage.

 

Le biais de compétence perçue 

Alors les hommes sont-ils naturellement plus attirés par les sujets financiers que les femmes ? Plusieurs études se sont penchées sur le développement comportemental en finance. Résultat, les hommes surestiment plus fréquemment leurs compétences financières tandis que les femmes les sous-estiment.

Mesdames se déclarent moins compétentes, mais ne le sont pas significativement dans les faits. C’est la résultante de décennies de socialisation financière différenciée et d’éducation implicite dans les familles.

Les conséquences :

  • Surestimation qui donne une suractivité qui aboutit à un trading excessif.
  • Sous-estimation qui donne un évitement qui aboutit à l’inaction.

Les deux peuvent coûter cher, mais l’inaction sur le long terme est structurellement pénalisante. Vous savez gérer le quotidien, ce qu’il vous faut, c’est un copilote pour le long terme. Klemo vous offre un bilan clair avec des recommandations expliquées simplement. We got your back.

 

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Moins de trading, plus de discipline ! 

Quand le trading excessif détruit la performance 

Une étude clé publiée dans le Quarterly Journal of Economics en 2001 affirmait que les hommes tradent 45 % plus que les femmes. Pour rappel, le trading c’est l’action d’acheter et revendre des actifs financiers sur les marchés boursiers pour réaliser un bénéfice. Certains traders optent pour une stratégie active et vendent fréquemment pour réaliser de plus hauts bénéfices, mais aussi subir de plus lourdes pertes.

On le comprend aisément, l’excès de trading réduit la performance nette annuelle de :

  • 2,65 points pour les traders masculins
  • 1,72 point pour les femmes tradeuses.

Autrement dit, le suroptimisme et la suractivité peuvent coûter cher. En cause, les frais, le timing de trade, etc. Moins agir peut donc être une stratégie, tant qu’on reste investi, diversifié et régulier. Pour preuve, la logique académique ci-dessus, mais aussi les observations de l’AMF qui observe une moindre détention d’ETFs et de placements innovants chez les femmes. D’où cet enjeu d’accès et de simplification de ces derniers.

Fidelity Investments analyse 8 millions de comptes en 2017 pour nous prouver que les femmes obtiennent en moyenne une performance supérieure de 0,4 % par an en tradant moins. Comme quoi, le silence est d’or.

Si les femmes ont en moyenne une approche plus stable et moins réactive, elles peuvent être plus gagnantes à long terme. Prudence n’est-elle pas mère de sûreté ?

Bruit vs discipline

On n’a pas tous envie de transformer notre gestion de nos finances en box de Wall Street bruyante. Si c’est sympa au cinéma, la réalité est toute autre. Les marchés financiers récompensent :

  • La diversification
  • La patience
  • La régularité

Mais ont tendance à pénaliser :

  • Le market timing émotionnel

  • La réaction excessive aux fluctuations
  • La recherche du coup de génie

Dans le film The Big Short de 2015 (qui narre en partie l’histoire de l’éclatement de la bulle financière de 2005), on parle de “courbe du bruit” : plus on agit, plus on s’expose à l’erreur. Le bruit et l’émulsion ambiants peuvent nous conduire à un effet de groupe émotionnel. Mais, comme le disaient probablement vos parents, “si je saute d’un pont, tu sautes aussi” ? Et ce n’est que sagesse...

Prudence ≠ immobilité 

Au quotidien, hommes comme femmes subissent la pression à performer. Dans le sport, les loisirs, le travail, mais aussi la finance. Or, on parle jusqu’à présent de prudence. Et c’est là qu’on peut en distinguer deux types.

La prudence structurée repose sur la diversification, une allocation adaptée et un horizon long terme.

La prudence paralysante, c’est rester 100 % liquide (avec son argent accessible directement) et attendre le bon moment pour investir.

Socialement, les hommes ont tendance à être davantage exposés à :

  • La valorisation sociale de la prise de risque
  • La compétition
  • La démonstration de compétences

(Voyez comme il est heureux lorsqu’il mène à bien une tâche que vous lui avez demandée.) Or, la finance est culturellement associée à la notion de performance, de prise de décision rapide et de domination. C’est un cadre qui peut encourager le sur-trading, en parallèle de l’éternel concours de taille des mâles.

On rappelle que la volatilité n’est pas un danger en soi. C’est le prix d’entrée du rendement : refuser la volatilité long terme, c’est refuser le moteur principal de la création de valeur. Vous, vous n’avez pas besoin de trader. Vous avez besoin d’une stratégie. Gestion pilotée, rééquilibrage et discipline, Klemo vous propose sa méthode anti-burnout financier, directement sur votre appli !

 

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Investir avec des valeurs différentes ?

Les femmes investissent-elles différemment en matière de valeurs ?

Les données sur l’ESG et le genre

Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont au cœur de l’investissement moderne. Investir, oui, mais pas n’importe comment.

Plusieurs études montrent que les femmes déclarent davantage intégrer ces critères extra-financiers dans leur stratégie. Elles expriment plus souvent une sensibilité aux enjeux sociaux et se disent plus attentives à l’impact de leur argent sur le monde.

Les différences sont statistiques, et pas absolues : si des différences de motivations ESG sont présentes selon le genre, évitons le raccourci “femmes = green”. Cependant, certaines données et papiers académiques nous prouvent qu’en moyenne, les femmes peuvent davantage soutenir certains critères liés à la lutte contre les discriminations, la diversité ou l’inclusion, par exemple, avec des effets sur l’adoption de l’investissement responsable.

La banque Morgan Stanley indique même que 85 % des femmes se disent intéressées par l’investissement durable, contre 67 % des hommes. De son côté, une étude de BlackRock indique que les femmes sont plus nombreuses à intégrer des critères ESG dans leurs décisions, mais que la performance reste le premier critère pour tous.

Sur les marchés financiers, on note également une croissance du “gender lens investing”, des fonds intégrant des critères liés à l’égalité femmes-hommes ou des investissements dans des entreprises dirigées par des femmes.

 

Motivation sociale vs performance

Ce que ces études montrent, c’est que les femmes mentionnent plus fréquemment l’impact social, la cohérence avec leurs valeurs et la durabilité long terme que les hommes, mais qu’elles ne renoncent pas pour autant au rendement. Concilier impact et performance, voilà leur mantra.

Non, contrairement à ce qu’on peut entendre, les femmes ne sacrifient pas leur rendement, elles ne privilégient pas systématiquement l’environnement et elles n’investissent pas émotionnellement. Encore des clichés probablement inventés par certains pour se rassurer. Il ne faudrait quand même pas que madame ait de meilleures performances financières que monsieur. Où va le monde.

Aussi, les motivations ESG peuvent différer, elles ne sont ni automatiques, ni uniformes. Ce qui compte réellement, c’est traduire ses valeurs en critères concrets et comprendre les limites des labels.

Attention au piège du greenwashing 

Ne vous jetez pas sur le premier label durable qui vous tend les bras. Le fait qu’un fonds soit labellisé “durable” ne garantit pas :

  • Un impact réel
  • Une performance
  • Une cohérence avec vos objectifs

Pour investir responsable, il faut avant tout apprendre à investir tout court : comprendre la méthode de sélection des actifs des fonds, comprendre l’allocation et intégrer le risque comme partie intégrante.

ESG ≠ sacrifice de rendement

ESG = méthode d'intégration de critères extra-financiers

Vous l’avez compris, investir selon ses valeurs n’est pas contradictoire avec investir efficacement. Tant qu’on garde en tête que les valeurs ne remplacent pas la diversification, la gestion du risque et l’horizon de placement. Sans cadre, on choisit un label. Avec un cadre, on choisit une stratégie.

Dimension sociale : pourquoi la prudence est structurelle

Charge mentale et temps disponible

Il y a la bonne prudence et la mauvaise prudence. Mais on ne doit pas confondre prudence et inaction. Ni inaction et manque de temps.

Dans un précédent livre blanc, Argent et couple (qu’on vous invite à lire !), on expliquait que des études sociologiques montrent bien que les femmes assument encore aujourd’hui majoritairement la gestion domestique et familiale. Ce qui signifie moins de temps pour suivre les marchés et moins d’appétence pour la spéculation active. (Source : Insee, 2022).

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour faire le lien : les femmes n’ont simplement pas le temps de se pencher sur la question. Autrement, les enfants n’auraient pas de goûter. Et un enfant sans goûter...

Délégation dans le couple

Autre sujet abordé dans notre livre blanc Argent et couple : la délégation. Si les femmes sont occupées par la gestion familiale, plusieurs études européennes montrent que les décisions d’investissements sont plus souvent prises par les hommes dans les couples hétérosexuels. Même quand les revenus sont similaires.

Entre le “j’ai peur donc je n’y touche pas”, le “je n’y comprends rien” et autres, on a déjà démontré dans ce dossier les dangers de cette passivité : limiter l’expérience pratique et la confiance. Sans parler de la protection amoindrie en cas de séparation.

Une industrie financière peu inclusive

Cela ne vous aura pas échappé, mais on note une sous-représentation des femmes dans la gestion d’actifs. La finance est un monde d’hommes à l’heure actuelle, en partie à cause des stéréotypes féminins véhiculés que nous avons vus précédemment, mais aussi à cause d’une certaine indifférence de la gent féminine à son égard.

De quoi orienter les communications financières vers la performance à court terme et donc le trading. (Source : Deloitte Women in Financial Services, CFA Institute Gender Diversity Report).

Pour investir, pas besoin de tout comprendre pour bien faire, tant qu’on saisit l’essentiel. Klemo, c’est des recommandations expliquées simplement, des scénarios comparés et un copilote sur le long terme. Avec plus de clarté, de la discipline et une bonne personnalisation, vous réduisez les risques inutiles, vous structurez un plan et vous transformez votre intention première en projet de vie. Rien que ça.

 

Conclusion

Les femmes n’évitent pas le risque, elles évitent l’inutile. Elles rejettent le risque mal expliqué, le spéculatif et l’émotionnel pour exceller dans la discipline, la cohérence et la vision long terme. Ça tombe bien, c’est traditionnellement ce que les marchés récompensent. Alors pourquoi la finance continue à leur parler comme si elles avaient peur ?

 Wilhelm Bertieux

Wilhelm Bertieux

Rédacteur plurimédia passionné par la finance, je mets les mots au service de vos euros. Mon credo ? Vulgariser sans jamais ennuyer, pour rendre les finances personnelles accessibles à tous — même à ceux qui pensaient détester ça. Parce que bien ...

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