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Le match actions : pays développés vs pays émergents

5 Florent Combes

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Le point klé

Pour classer les actions, MSCI répartit les pays en deux équipes : les marchés développés et les émergents.
 
L'écart se resserre : les émergents gagnent en discipline économique pendant que certains développés se fragilisent, et l'IA pourrait demain rebattre les cartes au profit des plus agiles.
 
La conclusion n'est plus de choisir un camp, mais de composer une équipe équilibrée mêlant les deux pour profiter à la fois de la lisibilité et du potentiel.

Un verre de malbec argentin à la main, posé devant un Colombie–Portugal. À la fin, un match nul. Rien de spectaculaire sur le papier, mais une leçon évidente : même entre une nation installée et un outsider, rien n’est jamais écrit d’avance. C’est exactement le même match qui se joue en finance entre les actions des pays développés et celles des marchés émergents.

Le coup d’envoi : qui joue dans quelle équipe ?

Avant de comparer les styles, encore faut-il savoir qui est dans quelle équipe.

Dans le monde financier, l’arbitre le plus suivi s’appelle MSCI. MSCI classe les pays selon plusieurs critères : niveau de développement économique, accessibilité des marchés, profondeur et liquidité, cadre réglementaire, stabilité institutionnelle. Il les sépare ensuite en deux groupes (ou deux poules pour suivre l'analogie footballistique) :

  • D’un côté, les “pays développés” : États-Unis, Europe occidentale, Japon… Des marchés profonds, très liquides, avec des règles du jeu bien établies.
  • De l’autre, les “émergents” : Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud… Des économies en croissance, avec des marchés en structuration.

 

Le résultat, il ressemble un peu à la Coupe du monde : certaines équipes sont installées depuis longtemps au sommet, d’autres progressent vite et bousculent la hiérarchie. Et on n'est jamais à l'abri d'une surprise, lorsqu'un David renverse un Goliath. C'est ça, la beauté du foot.

 

Les marchés développés : la maîtrise… et la lisibilité

Investir dans les marchés développés, c’est miser sur des équipes au jeu structuré. Des équipes qui ont fait leurs preuves et qui n'ont plus grand chose à prouver vu le nombre d'étoiles sur leur maillot.

Leurs points forts sont bien identifiés :

  • Stabilité institutionnelle et juridique

  • Forte liquidité

  • Gouvernance d’entreprise généralement robuste

  • Cadres ESG plus lisibles et mieux normalisés (reporting, taxonomies, exigences réglementaires)

Ce dernier point est devenu central : pour beaucoup d’investisseurs, la capacité à mesurer clairement les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance est un avantage compétitif des marchés développés.

 

Mais cette maturité a un revers :

  • Des valorisations souvent élevées

  • Une croissance plus modérée

  • Des marchés parfois “saturés”, où l’innovation est déjà largement intégrée dans les prix

Les marchés émergents : toujours du potentiel… mais moins caricaturaux

Longtemps, les marchés émergents ont été perçus comme des terrains instables. Ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui.

Leur attractivité reste forte :

  • Croissance économique plus dynamique

  • Démographie favorable

  • Rattrapage technologique et industriel

  • Valorisations plus attractives

 

Mais surtout, le paysage a évolué :

  • Les finances publiques sont, dans certains pays, mieux maîtrisées que dans certaines économies développées

  • Les politiques monétaires ont gagné en crédibilité

  • Les cycles économiques, bien que toujours plus volatils, sont parfois moins chaotiques qu’auparavant

Autrement dit, l’écart de niveau se réduit. Comme sur ce Colombie–Portugal accroché : un outsider solide peut tenir tête à une équipe installée… et certaines grandes nations ne dominent plus comme avant.

 

Cela ne fait pas disparaître les risques :

  • Gouvernance encore hétérogène

  • Risques politiques

  • Liquidité inégale

  • Sensibilité aux flux internationaux et aux devises

Mais on est moins dans l’opposition “risqué vs sécurisé” qu’il y a vingt ans.

Un match de plus en plus équilibré

Ces dernières années, la frontière entre marchés développés et émergents s’estompe.

On observe une forme de convergence :

  • Des émergents plus disciplinés économiquement

  • Des développés parfois fragilisés (endettement public, croissance atone)

  • Une diffusion plus rapide des technologies

Résultat : le match est beaucoup plus ouvert. Le choix n’est plus simplement entre stabilité et croissance, mais entre différentes combinaisons de risques, de valorisations et de trajectoires économiques. On change les formations, on étire le jeu, on cherche l'étincelle.

Et demain : l’arbitre s’appellera-t-il IA ?

Après l'émergence de la VAR (assistance vidéo à l'arbitrage) dans le football, une question commence à émerger : l’intelligence artificielle va-t-elle rebattre les cartes côté actions ?

Tout dépendra de l’accès et de la capacité d’appropriation :

  • Accès aux infrastructures (data centers, énergie, semi-conducteurs)

  • Qualité du capital humain

  • Cadre réglementaire

  • Capacité à intégrer l’IA dans les modèles économiques

Les marchés développés partent avec une avance évidente. Mais certaines nations émergentes, très agiles technologiquement, pourraient accélérer encore leur rattrapage.

Comme dans un match, un changement tactique peut suffire à inverser la dynamique. Demandez à Luis Enrique.

Le bon portefeuille, comme une bonne équipe

Dans la réalité, les investisseurs ne choisissent pas un camp unique. Ils composent pour obtenir un mix des meilleurs éléments. Comme dans une unique nationale dans laquelle on appelle les meilleurs joueurs de différents clubs à travers le monde.

Un portefeuille équilibré ressemble à une équipe bien construite :

  • Une base de marchés développés pour la structure et la lisibilité  

  • Une exposition aux émergents pour le dynamisme et le potentiel

 

Et surtout, le match ne se limite pas aux actions.

Avec des solutions comme Klemo Vie (assurance vie) ou Klemo Retraite (Plan Epargne Retraite), la partie se prolonge sur plusieurs terrains : actions et dettes, pays développés et émergents. Une manière d’ajuster son exposition, de lisser les cycles et de jouer sur plusieurs styles de performance. Entre 4-4-2 et 4-2-3-1, à vous de voir quelle formation fonctionne le mieux pour vous.

 

Conclusion (dernière gorgée)

Le match entre marchés émergents et développés n’a jamais été aussi serré.
Et comme lors de ce Colombie–Portugal conclu sur un triste match nul, il rappelle une chose essentielle : en investissement comme en football, les hiérarchies sont beaucoup moins figées qu’on ne le croit.

 Florent Combes

Florent Combes

À l’origine de Klemo, Florent Combes aime croiser innovation, marchés financiers, gestion du risque et IA pour simplifier — vraiment — la gestion de vos investissements. Son ambition ? Décrypter la finance sans prise de tête, dévoiler ce qui se joue ...

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